Réponses de Mélodie Caron, candidate au parti NUL
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La réalité de la pauvreté observée sur l’archipel a ses singularités, mais ses causes ne sont pas différentes de celles qui caractérisent la pauvreté au Québec, ou dans le monde occidental. De même, l’accroissement du nombre de personnes vivant dans des conditions de précarité matérielle critique est, comme partout au Québec, en corrélation avec la croissance fulgurante de l’accaparement des ressources par les plus riches. En claire, l’enrichissement des plus riches est tout à la fois la cause de l’appauvrissement de la classe moyenne, de la vulnérabilité grandissante des plus pauvres et du saccage du bien commun. Des projets politiques militent depuis longtemps pour l’établissement d’un revenu minimum garanti. Je suis d’avis que l’application de cette mesure est urgente, mais je crois aussi qu’elle est insuffisante. Pour réparer les ravages des politiques néo-libérales des dernières décennies, rebâtir les services publics et le filet social qui caractérisaient le Québec, c’est d’un projet de société dont nous avons besoin et ce projet doit servir le bien commun et le financer. Au revenu minimum garanti devra s’ajouter une mesure de plafond salarial et, bien entendu, l’application des mesures de taxation sur les grandes fortunes et une entrave réelle à l’évasion fiscale. En résumé, le positionnement franc et sans compromis du système public du côté du collectif et non du côté des puissants.
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La surenchère est, aux Îles, intimement liée à l’accaparement d’une partie du parc immobilier par le marché de la location touristique. Les mesures municipales visant à amoindrir les conséquences de ce fléau sur les résident·es de l’archipel semblent porter ses fruits, mais la source du problème demeure. Permettre de faire de ce besoin de base--celui de se loger décemment--un objet de spéculation et d’enrichissement est l’une des nombreuses dérives du système capitalisme. Mais la résistance s’organise, des solutions émergent un peu partout au Québec et devraient inspirer l’avenir de l’habitation sur l’archipel. Les modèles de projets collectifs permettant d’extraire du marché des pans complets du parc immobilier sont à notre portée. Les fiducies et les coopératives d’habitation protègent des bulles inflationnistes le logement abordable et c’est ce qui devrait guider l’investissement de fonds publics en matière d’habitation.
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J’étais étudiante au Cégep au début des années 2000 alors que cet enjeu d’inversement de la pyramide démographique était présenté comme le défi majeur du 21e siècle. Un quart de siècle plus tard, c’est une réalité qui bouleverse notre petite communauté, mais qui est bien davantage un impératif avec lequel composer qu’un problème soluble. Il est entendu qu’un noyau critique de population active est nécessaire à maintenir les services à la communauté tout autant que la santé des services à la communauté est un impératif pour assurer la rétention de ce noyau de population active. Cette question rejoint la suivante : démographie et vitalité de la communauté vont de pair, interreliées et interdépendantes, et doivent être les astres qui guident nos projets de communauté. Inclusion, humanité et créativité au service du bien commun; c’est ce qui doit guider notre vision d’avenir et c’est à la lumière de ces valeurs que devraient être jugées la justesse et la nécessité des projets qui mobilisent nos énergies collectives.
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Malgré l’absence de réel programme électoral soutenant ma candidature NULLE, j’ai saisi l’occasion de cette prise de parole offerte par l’équipe de Développement social pour faire entendre des postures dissidentes. Je me permets ici de dévier de la question partiellement répondue précédemment pour mentionner que ma candidature sous la bannière du Parti Nul relève bien davantage d’une action de militantisme citoyen que d’un engagement en politique partisane. J’ai à cœur la santé, la vitalité et l’avenir de ma communauté. Mes engagements à ce titre sont connus pour loger du côté des projets collectifs qui nourrissent la pensée et permettent l’émancipation des idées. C’est le sens de ma démarche à titre de candidate NULLE : gardons l’horizon de nos réflexions largement ouvert ! Soumettons les postures idéologiques et les promesses électorales de tous les partis à l’examen de nos esprits critiques ! Et si rien de tout ça ne semble en phase avec ce qui nous préoccupe réellement comme citoyen·ne, manifestons dans l’urne notre volonté démocratique tout en exprimant notre dissidence à l’égard du système : votons NUL – AUCUNE DE CES RÉPONSES.